Les enjeux de la démographie africaine

Conférence semestrielle du Club, Palais du Luxembourg, Paris, samedi 29 septembre 2018

« 700 millions de Chinois, et moi et moi et moi…. » chantait DUTRONC en 1966. En début de ce deuxième millénaire, la préoccupation est toujours la même, mais cette fois-ci à l’endroit du continent africain, et avec une pointe d’affolement. En effet, les prévisions sur la démographie africaine à l’horizon 2050 constituent aujourd’hui un sujet épineux à l’échelle de la planète.

Pour s’en convaincre, il suffit de s’en référer à certains titres des journaux les plus en vue de la presse occidentale ou de lire les études des organisations des nations unies attitrées. En effet, le journal français « les échos » titrait dans sa parution du 13 novembre 2015 « L’Afrique, clef de la démographie mondiale ». Le monde diplomatique pour sa part, titrait en novembre de la même année « L’Afrique : Enigme démographique. » Alors que, dans le même élan, la revue en ligne « Pour la science », dans son numéro 462 d’avril 2016, titrait « 6 milliards d’africains ». Ces titres, à eux seuls, sont symptomatiques de la perception que les pays riches dits développés ont de cette croissance démographique extraordinaire de l’Afrique. Tandis que le journal « les échos » à travers son titre, voit dans l’extraordinaire poussée de la démographie africaine, une clé et donc une chance pour la démographie mondiale, et que « le monde diplomatique » modère cet enthousiasme en y laissant entrevoir une part d’irrationalité, la revue « Pour la science », annonce clairement l’impact de ces prévisions démographiques dans les grandes capitales occidentales : « Les projections démographiques pour l’Afrique sont alarmantes ». Il y’a de quoi s’alarmer car si en 2012, la Division de la population Mondiale de l’ONU prévoyait une population mondiale en 2050 de 9,5 milliards d’habitants, remettant déjà en cause la théorie largement admise jusque là d’une stabilisation de la population mondiale, plusieurs experts de l’ONU ont publié dans « science », une projection de près de 11 milliards d’êtres humains en 2100, impliquant une progression de 1,8 fois, soit plus qu’un siècle plus tôt. La cause de cet emballement démographique mondial ? La croissance démographique extraordinaire des pays de l’Afrique au sud du sahara. Non seulement cette croissance démographique galopante semble démentir la théorie jusque là admise de la « transition démographique » impliquant une période d’équilibre entre le taux de natalité et de mortalité, consécutive au progrès de la médecine, mais elle fait craindre surtout, selon certains modèles prévisionnels, une population africaine de 115 milliards, constituant à elle seule, 86% de la population mondiale, en 2300. Ces prévisions sur la croissance démographique formidable du continent africain portent en elles, les germes d’une déstabilisation mondiale à plusieurs niveaux, au cas où certains problèmes qui se posent maintenant, ou qui sont encore en gestation, ne sont pas résolus dès aujourd’hui. Dans tous les cas, cette croissance démographique africaine impulsera nécessairement une nouvelle redistribution des cartes aussi bien économique, politique, qu’épistémologique dans les sciences liées à l’étude des populations.

En effet, lorsqu’on s’intéresse à la croissance de la richesse par habitant en Afrique au sud du Sahara, celle-ci est de 1,6%. Or, ce taux de croissance, si elle se maintient au même stade, serait complétement disproportionné, et de nature à accentuer la pauvreté déjà présentement criarde dans ce continent. Ainsi, cet emballement démographique accentuerait et aggraverait la dégradation des conditions matérielles de vie des africains. Par ailleurs, l’accroissement exponentiel de la population africaine impulserait nécessairement l’émergence de certains de ses Etats, notamment le Nigéria, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, la République Démocratique du Congo etc, de sorte que cela générerait une grave tension dans l’accès aux matières premières en Afrique. A ce stade, se profile déjà un enjeu majeur de stabilisation pour l’Afrique et pour le Monde : L’effectivité de la Bonne gouvernance et de la Démocratisation des Etats au sud du Sahara. Le risque majeur de l’échec à asseoir l’effectivité de la bonne gouvernance et de la démocratie des Etats en Afrique au sud du Sahara, serait de toute évidence, l’amplification de l’immigration africaine vers l’Europe et tous les troubles politiques possibles y afférents. Comment donc résorber ou accompagner de façon vertueuse, cette formidable poussée démographique africaine pour amoindrir au maximum les troubles politiques ou économiques dont elle porte les germes ? Est-il possible, avec le modèle économique prévalant aujourd’hui dans le monde, d’assurer un égal niveau de vie à tous les habitants de la terre en général, et à l’Afrique à venir, immensément jeune, en particulier ? Quel modèle économique serait plus adapté à nourrir des milliards d’africains en Afrique, accédant à un niveau de vie digne dans le cadre d’un reéquilibrage vertueux des intérêts des nations du Monde ? Ou encore, quelles réformes seraient nécessaires au modèle économique actuel, afin de permettre que l’accès à un niveau de vie décent et digne soit possible pour tous en Afrique, tout en permettant l’accès équitable aux matières premières pour tous ? Est-il possible d’envisager l’Afrique au sud du sahara maitrisant une démographie galopante alors que certains de ses Etats, pour ne pas dire la plupart, sont actuellement des Etats faillis ? L’extraordinaire poussée démographique africaine, après celle de la Chine, et de l’inde, exige d’accorder une place de choix dans l’étude politique de la démographie, dans le cadre de la « démographie politique. » Cette approche de la démographie permet de comprendre au mieux comment l’indice démographique peut être à la fois source d’influence, de pouvoir, ou plutôt de désordres et de pauvreté. Dans ce sens, l’extraordinaire poussée démographique africaine, ne constituerait elle pas, le pendant équilibrant de l’hiver démographique en cours et à venir, en occident ? Est-il possible d’envisager à l’avenir des « solidarités démographiques » à l’échelle mondiale afin d’assurer un rééquilibrage global de la population ? C’est autour de ces questions que « LE CLUB REPUBLIQUE NOUVELLE » invite à la réflexion l’ensemble des participants, afin de réunir les outils intellectuels nécessaires pour la mise en place d’une action d’influence efficace susceptible de faire en sorte que la poussée formidable de la démographie africaine soit maitrisée, afin qu’elle ne déstabilise pas la sécurité mondiale.

Notre millénaire qui avance vers son premier quart de siècle, porte déjà en germes les défis auxquels nous devrons faire face, nous-mêmes, ou les générations qui nous succéderons. De ces défis en germes, celui de l’équilibre démographique, est sans doute la clé pour résoudre les autres.

Le péril du déséquilibre démographique planétaire se pose à nous dés aujourd’hui, et parce que l’Afrique au Sud du Sahara est en première ligne sur ce front, une approche diplomatique, politique, et économique « autre », de nature à résorber et à maitriser ce péril doit être inventé et expérimenté. C’est pourquoi, il sied de s’interroger sur les véritables possibles causes de nature à faire craindre objectivement que la poussée extraordinaire de la démographie africaine devienne déséquilibrante et déstabilisante pour la sécurité mondiale.

Les différents intervenants aideront dès lors à :

  1. Déterminer la viabilité des modèles de prévision démographiques en vigueur à ce jour auprès des experts en matière de démographie et quelle autorité intellectuelle jouirait encore la théorie de la « transition démographique »
  2. Déterminer prospectivement l’impact de l’effectivité de la bonne gouvernance et de la consolidation des principes démocratiques au sein des Etats au Sud du sahara dans la maitrise et la régulation de la poussée démographique dans ce continent ;
  3. Analyser prospectivement la viabilité ou non du modèle économique actuel dans un monde de plus de 6 milliards d’individus dont une grande partie sera composée des jeunes africains et éventuellement explorer des pistes d’adaptations possibles ou de réformes de ce modèle économique ;
  4. Déterminer s’il est possible, et comment, l’hiver démographique européen et la baisse croissante de la qualité spermatique en occident pourrait être contre balancé par la poussée démographique extraordinaire en Afrique au Sud du Sahara.
  5. Définir, expliquer, le concept de « solidarité démographique » ou de « la démographie solidaire » afin d’en user comme outil de rééquilibrage global de la population à l’échelle mondiale ;
  6. Définir, expliquer, la nécessité de la maitrise de « la démographie politique » comme outil pour la connaissance des lois qui gouvernent l’influence politique et économique liée à une forte croissance politique, et les conditions pour rendre cette influence effective ;
  7. Définir, construire et promouvoir la nécessité d’accompagner l’établissement des Etats pleins et entiers, à gouvernement démocratique en Afrique au Sud du Sahara comme rempart à la folle poussée démographique en Afrique ou comment sortir des Etas faillis actuels ;
  8. Identifier, mettre en réseau, soutenir ici et là bas, les forces susceptibles d’aider à asseoir les conditions d’une démographie maitrisée et vertueuse ;

Des échanges, débats, et réflexions qui découleront de cette conférence, une synthèse sera faite en forme d’une étude enrichie par les membres du « CLUB REPUBLIQUE NOUVELLE».
Cette étude sera publiée, et un travail de lobbying sera fait afin de véhiculer au sein de l’opinion publique européenne en général et française en particulier, et aussi celle de l’Afrique au Sud du Sahara, la nécessité de rendre effectives les résolutions ou outils développés dans cette étude.

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